dominant-dominé

La relation dominant-dominé

 
 
 
 
 
 
 

Si l’homme est parvenu à traverser les âges et les siècles, c’est en grande partie parce qu’il a su instaurer et respecter un système hiérarchique ; autrement dit un rapport dominant-dominé. Des recherches menées en psychologie sociale et clinique, en éthologie et en neuropsychologie avancent que l’être humain a réussi à maintenir une certaine structure dans ses sociétés justement parce qu’il suit les préceptes du dit rapport dominant-dominé. De ce fait, une forme de stabilité nait au sein de ces sociétés (ou groupes humains). En observant quelques sociétés animales, on se rend compte que ce rapport hiérarchique est la pierre angulaire de la vie du groupe. Chez les primates, par exemple, les rapports dominant-dominé réglementent les interactions entre les membres. C’est dans cet esprit que le gorille au dos argente fait étalage de sa force en bombant le torse, frappant sur sa poitrine tout en laissant retentir son cri. Tout ce cirque a pour unique objectif de démontrer sa supériorité et ainsi asseoir sa domination sur le reste de sa tribu. Quelques personnes agissent pareillement au sein de leurs communautés.

Objectivement parlant, la survie d’une espèce dépend de ces rapports. Effectivement, toutes les décisions et toutes les actions tourneraient au conflit si tous les individus possédaient les caractéristiques de dominance. Toujours dans cette optique, dans le règne animal, plus particulièrement chez les lions, au terme d’une simple partie de chasse, ils se seraient tous entretués pour décider qui aurait l’honneur de manger. Résultat des courses : proie et prédateurs seraient tous morts. Inversement, si chaque membre du groupe avait les caractéristiques de soumission, aucune décision ne serait prise. Aucun d’entre eux n’oserait entamer le repas en premier. Le résultat final serait alors le même : la mort de la communauté – mais cette fois-ci de famine.

On a pu constater que les rapports dominants-dominés existent depuis toujours et continuent d’exister aujourd’hui, surtout chez nos amis les bêtes. Alors qu’en est-il de nous, les hommes dits modernes ?

 
 

L’illusion de la « supériorité » de l’Homme

 

L’homme a évolué à travers les siècles. Néanmoins, il a conservé certaines zones spécifiques, héritées de ses ancêtres, et ce, malgré les changements qui se sont opérés en lui. L’une de ces zones a été identifiée dans le cerveau sous la forme d’un petit groupe de neurones appelé l’amygdale. D’après le neuropsychologue Antonio Damasio, celle-ci serait responsable de ce qu’il nomme « la peur sociale » que nous infligeons ou subissons. Cette amygdale se compose de deux parties. La première est liée au comportement de type domination et la seconde au type soumission. D’une manière générale, plus une partie est développée plus le sujet sera enclin à adopter le type de comportement qui lui est lié.

L’éducation joue vraisemblablement un rôle dans le « modelage » de l’amygdale. En effet, si un enfant est habitué à recevoir des ordres, la zone liée à la soumission se développerait au fur et à mesure qu’il grandira. Ainsi il aurait tendance à devenir un dominé arrivé à l’âge adulte. Suivant le même raisonnement, une éducation trop permissive suractiverait la zone de type dominance. Ainsi, en grandissant, l’enfant aura tendance à cultiver un esprit de dominateur.

D’une certaine manière, l’une ou l’autre de ces propensions est acquise depuis l’enfance et est développée tout au long de la vie. Voilà pourquoi il s’avère difficile de changer de type de comportement une fois adulte. Par ailleurs, les rapports entre humains sont plus complexes que les relations entre les animaux. Chez l’homme, il existe un degré de dominance et/ou de soumission. Chez les animaux par contre, il existe une ligne bien distincte entre dominants et dominés.

 
 

Les différents degrés chez les dominants-dominés

 

Lorsqu’on observe un groupe humain, on se rend compte qu’il est possible d’identifier quels individus sont les dominants et lesquels sont les dominés. Il suffit pour cela de regarder leurs positions dans la société. Il est à noter que l’une ou l’autre de ces tendances peut être classée en cinq niveaux d’intensité. Il est à noter que les deux derniers niveaux relèvent de la psychopathologie. Les personnes entrant dans ces catégories nécessitent un suivi psychiatrique.

 

·         Niveau 1

 

Les dominants sont des séducteurs. Ils aiment déstabiliser l’autre et réduire sa confiance en lui. Pour cela, ils usent de charmes et de flatteries. Les dominés quant à eux sont des perfectionnistes. Ils redoutent de commettre des erreurs et ainsi ils redoublent d’efforts dans tout ce qu’ils font. De plus, ils font preuve de confiance excessive voire de naïveté envers les dominants.

 

·         Niveau 2

 

Les dominants sont des manipulateurs. Ils n’hésitent pas à culpabiliser et/ou à apitoyer l’autre dans le but d’avoir l’ascendant sur ses sentiments. Les dominés par contre sont des suiveurs. Ils se montrent dociles et obéissants envers les dominants. De plus, ils font preuve d’empathie vis-à-vis des souffrances (réelles ou non) des dominants.

 

·         Niveau 3

 

Les dominants déstabilisent psychologiquement ou socialement les dominés. Pour cela, ils ont tendance à rabaisser et à tourner ces derniers en ridicule. Les dominés quant à eux sont des autocritiques et des superstitieux. Ils s’estiment indignes du bonheur.

 

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·         Niveau 4

 

Les dominants sont des violents. Cette violence est tantôt physique tantôt psychologique. Ils s’attaquent d’abord aux objets puis restent silencieux. Parfois, ils font des sous-entendus obscurs. Les dominés sont submergés par des attaques de panique. Leur psychisme est fragile : ils se culpabilisent à tort et nourrissent des idées noires ou suicidaires.

 

·         Niveau 5

 

Les dominants sont sadiques et cruels. Leurs discours sont empreints de rires, de sarcasmes, de violences et de vulgarités. Ils trouvent leur plaisir dans la souffrance de l’autre. Les dominés, quant à eux, ont des tendances suicidaires et d’autoscarification.

 
 

Quand un dominant rencontre un dominé et vice-versa

 

En temps normal, les rapports dominants-dominés visent à maintenir l’équilibre de la société. Néanmoins, la rencontre peut mal tourner si la relation évolue vers les extrêmes des deux côtés. Ces situations sont délicates puisque le type de comportement de l’un exacerbe celui de l’autre.

Concrètement, le dominant repérera les caractéristiques du dominé comme l’attention extrême pour les autres, la culpabilité, l’hésitation, la crédulité… Il va alors faire preuve d’empathie envers le dominé puis lui fera des remarques sur l’un de ses défauts (ou l’aidera à y remédier). Le dominé se sentira alors redevable. Ainsi il redoublera d’efforts pour plaire au dominant. Ce dernier verra son ego renforcé puis devant le succès de son entreprise, il récidivera.

 
 

Est-il possible d’inverser le rapport dominant-dominé ?

 
 

Comme le comportement est modelé depuis l’enfance, il est difficile de le changer une fois adulte. Cependant, les chercheurs en psychologie comportementale et cognitive ont démontré que la pratique de jeux de rôle répétés pendant une durée assez importante (de 6 mois à plusieurs années) peut améliorer les tendances « marquées » chez les dominants et les dominés. Il s’agit ici d’une sorte de théâtre ou les participants joueront des personnages aux tendances opposées aux siennes. Il est à noter que ces caractéristiques seront exagérées.

 

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